LE PETIT CANON | La Petite Brève (An 2016, N°6)
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La Petite Brève (An 2016, N°6)

La Petite Brève (An 2016, N°6)

Je suis redescendu dans le Beaujolais et en Bourgogne. 4 jours de découvertes, de rencontres, 4 jours de bonheur à revoir certains vignerons et à en découvrir de nouveaux. J’ai commencé en beauté avec le domaine Decrenisse. J’avais promis de repasser fin d’année, pour leur cuvée l’Orchidée et le Probus Mont Dour blanc. Ces 2 vins, issus de petites productions sont difficiles à se procurer. Il faut arriver à la bonne période si on en désire… et ce fut le cas. Je suis parvenu à rapporter quelques bouteilles de ces divins breuvages.

L’Orchidée 2015 est un vin issu du viognier. Elevée 12 mois en fût, elle contient un peu de Chardonnay (utilisé uniquement lors du ouillage). Fruitée, savoureuse, ronde, grasse, … un délice, un caprice.

Et que dire du Probus Mont Dour blanc 2015 ? 100% chardonnay, 12 mois de fût, élevé pour vieillir et déjà somptueux en bouche. Frais, fruité, légèrement toasté, anisé, une bouche grasse, puissante et équilibrée : du bonheur, du plaisir… oserions-nous le comparer avec quelques quilles bourguignonnes ? Assurément sans rougir

Le Petit Canon a pu en remonter quelques cartons… à bon entendeur…

Beaucoup de nouveaux vignerons ont émaillé mon séjour. Malgré le peu de vins qui ont retenu mon attention, ce fut toujours un plaisir de discuter, partager avec ces vignerons, qui vous exposent passionnément le fruit de leur travail.

 

 

Je tiens cependant à écrire quelques mots sur David Large, vigneron indépendant du Beaujolais… et l’adjectif ‘indépendant’ prend tout son sens avec ce jeune vigneron. En effet, je me retrouve face à un vigneron trentenaire, artiste dans l’âme.

Fort de l’expérience de son père, de sa formation, il teste, il apprend, tente et bouscule parfois la tradition.

Parti du constat que les gens préfèrent l’appellation Vin de France à celle du beaujolais, il décide de déclasser ses vins, s’octroyant ainsi plus de liberté. En blanc, il s’amuse avec du chardonnay élevé 12 mois en fût de chêne et un autre, élevé 24 mois en fût. La fougue, des saveurs salines marquent la jeunesse, le gras et la gourmandise s’offrent au plus âgé. 2 cuvées très originales, très différentes, très surprenantes. Ce sont des grappes entières qui alimentent ces vins rouges, donnant un Vin de France  charpenté, puissant en bouche, marqué, bien entendu, par les fruits rouges du gamay et de surprenants tanins. Sa cuvée ‘Nazareth’, préparée pour la garde, mériterait encore quelques années d’attente avant ouverture, mais qu’est-ce qu’il est déjà bon ce vin ! Et que dire de sa cuvée ‘Suprême Côtes de Brouillard’, dont le vin est marqué par un léger arôme de melon ? Certaines critiques ont même supposé que du vin blanc avait été mélangé au rouge pour obtenir ce ‘nez’. Il n’en est rien bien entendu.

Ce vigneron laisse également son côté artistique s’exprimer au travers ses étiquettes : une caricature de ‘Nelson’, son chat, trône fièrement sur 3 cuvées, la typologie du ‘Suprême Côtes de Brouillard’ rend hommage à l’album Suprême de NTM (Joe Starr l’a goûté et l’a fait savoir – eh oui !)

…De nouvelles surprises sont en préparation pour sa prochaine cuvée… ce rouge sera-t-il Toxic  ? Laissons planer le suspense… nous en reparlerons très bientôt. Chacun de ses vins est une aventure sensorielle, chacun de ses vins est une curiosité. Ils sont délicieux ! Etonnants, certes, mais ô combien plaisants. Tous si différents mais tous à découvrir. Pour sûr, nous y retournerons y chercher quelques cartons.

J’ai remonté quelques échantillons de chacune de ses cuvées. Si des impatients, en désirent, qu’ils me le fassent rapidement savoir. Ce fut une magnifique rencontre.

 

J’ai profité de mon séjour pour alimenter un peu les stocks du Petit Canon.

Commençons par Roy-Jacquelin, une pépite sur Pommard. J’ai pu soustraire quelques cartons de Pommard 2014 (d’une richesse, d’un fruit !), et quelques bouteilles de son Bourgogne Pinot Noir (je ne pouvais pas louper un élevage 18 mois en fût sur une appellation ‘générique’ – très gourmand ce vin).

… Et si vous passez près de Pommard, arrêtez-vous au domaine de Pommard (magasin du village où l’on retrouve de très grandes appellations de Bourgogne) et délectez-vous des conseils œnologiques de Delphine. Faites-lui confiance pour vous trouver LA bouteille qui vous plaira.

J’en ai profité pour saluer le domaine Denis Père et Fils, qui organisait ces journées portes ouvertes… que c’est bon un Pernand Vergelesses Village Blanc de 2011, que c’est somptueux un Pernand Vergelesses 1er cru ‘sus Frétille’ de 2007 et je suis resté bouche bée sur le Corton Charlemagne Grand Cru de 1992. La qualité de ces vieux millésimes montre bien le sérieux et la rigueur du travail de ce domaine familial.

Un bonjour rapide au domaine Maratray était inévitable, pour récupérer quelques cartons de Ladoix 1 er Cru ‘en Naget’ 2015 et Savigny lès Beaune 1er cru ‘Les Vergelesses’ 2015… oui, nous avons de la chance de disposer de telles bouteilles dans notre cave.

Et, bien entendu, je me devais de me rendre chez Nicolas Perrault. Cette fois, ce sont des Maranges 1er cru ‘Clos des Rois’ 2014 qui sont venus rejoindre la cave du Petit Canon. Ce Maranges est fruité, riche en bouche, déjà d’une belle rondeur… Le Maranges le plus convoité. La réputation de ce vigneron ne cesse de progresser, en atteste encore la dernière critique œnologique américaine passée chez lui ce 1er décembre.

Et j’ai eu le plaisir de goûter la nouvelle production du domaine Jean-Pierre Maldant. Suite au succès de son Savigny 1er Cru ‘les Peuillets’ 2014, et au vu de la gourmandise de ces nouveaux vins, il est clair que le Petit Canon va passer rapidement commande.

Voilà.

Mon séjour s’est terminé avec une journée Caves Ouvertes à Fixin. Quelle meilleure façon pour découvrir cette très belle appellation de Côte de Nuit. Que ce fut agréable de savourer des vins ‘terroir’, sur plusieurs millésimes, de les confronter à d’autres bouteilles, travaillées sur la finesse. Qu’il est passionnant de comparer le travail de vignerons sur une même appellation… ce plaisir, c’est ma passion.

Vivement les prochaines quilles !

Au plaisir,